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    Mariusz Knorowski

/Directeur d`Art en Centre Pologne Sculpture  a Oronsko/

            L’homme aujourd’hui est un voyageur privilégié dans le monde de l’art. Il se déplace librement, à son gré. Il peut  même faire du tourisme artistique, à condition qu’il possède la carte de ce monde de l’art et connaisse son histoire.

            Il le visite parfois en travers. Une autre fois, sa sensibilité  le pousse à contempler un endroit préféré, ou au contraire, à en négliger une grande partie. Il a ses régions préférées, car les oeuvres qu’il y retrouve,  assouvissent ses besoins d’hédonisme esthétique.

            L’artiste qui, lui aussi, visite ce musée d’imagination, se comporte de la même façon. En effet, il est son habitant. Il a ses privilèges, dus à sa position particulière. Il ne se contente pas de faire l’inventaire, il déplace, il bouleverse. Il y cherche sa généalogie, ses maîtres et des récits non achevés. En observant les autres, il apprécie les qualités de leur savoir-faire - la valeur primordiale qui incite toujours à la curiosité. Ensuite, il analyse leurs convictions artistiques, toutes les motivations et choix de ses précurseurs. C’est ainsi que son propre savoir s’enrichit et permet de réfléchir avant de passer à l’acte.

Chacun peut créer des constellations d’oeuvres d’art selon ses préférences, en choisissant celles qui le fascinent et qui font une entité. Certains artistes, consciemment ou non, puisent dans le passé. Il ne s’agit pas d’une simple imitation ou ressemblance superficielle. Ils deviennent partisans d’un courant artistique ou adeptes d’une conception. Ainsi, ils retrouvent leur place parmi les autres pratiquants de la même tendance. Ils participent à une communauté d’imagination. Ils y trouvent plus d’affinités que de différences -  et essaient de s’exprimer dans une langue commune, pour tous.

            Dans l’histoire de l’art, on voit parfois des affinités, chez certains artistes ou dans leurs œuvres, qui surgissent, innées. Elles ne détruisent pas les tendances déjà existantes, elles les assimilent indépendamment de l’époque  et de l’endroit. Leurs représentants y puisent des gestes  et vérités élémentaires. Ils traitent des sujets fondamentaux. Leur imagination s’enracine dans l’univers des archétypes. Leurs oeuvres ressemblent aux objets primaires. Achevées d’un côté, quoique imparfaites, de l’autre côté parfaites, mais toujours prêtes à être perfectionnées.

             La sculpture aujourd’hui se situe bien loin des définitions conventionnelles et de la tradition la plus noble de cette discipline. Elle était toujours étroitement liée au rituel. Une telle provenance a eu de graves répercussions dans son histoire  et jusqu’ aujourd’hui c’est important. La sculpture contemporaine se caractérise par d’énormes possibilités techniques et d’expansion, ainsi que par son penchant à la transgression, ce  qui lui a permis d’entrer dans la réalité virtuelle. Néanmoins, il existe toujours cette „terre natale” où elle prend naissance. C’est l’ensemble des formes rudimentaires, de caractère transculturel et universel sur le plan symbolique et en poétique d’expression. Cette terre natale  est constituée par les sculptures à valeurs basiques pour ce domaine d’art, valeurs qui évoquent les mêmes réactions ataviques dans l’univers de l’imagination  et des  émotions humaines.

            L’oeuvre de Zbigniew Dudek s’enracine dans cette tradition. Son chemin artistique va vers cette source. C’est un choix conscient et voulu, irrévocable probablement.

            Être sculpteur n’est pas un métier facile. La définition „ main d’oeuvre d’art” n’est guère dépréciative, plutôt un compliment dans cette époque de manipulation médiatique, de pseudo-création et de verbiage. L’éthos dans le travail d’un sculpteur est concret, tactile et ainsi crédible. La tâche du sculpteur se situe bien dans le temps et dans l’espace, en plusieurs dimensions. L’oeuvre qui naît, dépasse le temps réel, ce qui est prouvé par l’histoire de la sculpture. En effet, elle démontre que la plupart des oeuvres, même pas très réussies, touchent à l’éternité.

        Dans les intentions, au moins. L’éternité n’est pas pour tous, cela va de soi. Pour les autres, reste le travail pénible et quotidien, la résistance de la matière et la paresse de la volonté-leur destin. Parfois, hélas, l’oubli.

             C’est pourquoi l’introspection dans la discipline, la rétrospection pour voir l’oeuvre des autres, ainsi que le retour inspirant  aux sources, sont tellement importants pour le sculpteur. C’est une  bonne leçon, parfois un avertissement pour  tous, même les plus expérimentés.

            Dans l’antiquité, qui a laissé des oeuvres d’art imposantes, le travail du sculpteur n’était qu’un métier presque artisanal. La noble notion d’art n’était attribuée qu’aux poètes, car eux, créaient sans force physique, banale donc, uniquement par la force de l’imagination, par la folie divine. Le sculpteur, comme le forgeron, était comparé au poète maudit, au faux prophète,  son effort étant sans grande valeur.

            Zbigniew Dudek, oublieux de cette dévalorisation, devient sculpteur et crée avec ardeur. Selon tous les signes, la création est source de plaisir pour lui, et ses oeuvres portent les marques d’efforts pénibles et de lutte forcenée. Dans sa vie artistique il passe par différentes étapes d’initiation et de travail avec des matériaux différents. Les méthodes et les moyens changent. Les résultats obtenus prouvent qu’il traite toutes ces étapes comme une  lecture obligatoire,  une leçon selon toutes les règles de la discipline. Grâce à ce fait, ses oeuvres sont authentiques et très franches en elles. Elles prouvent que leur auteur connaît à fond son métier et  se perfectionne continuellement – preuve de sa détermination.

             La nature rustique du bois, sa sémantique archaïque et ses valeurs symboliques nécessitent beaucoup d’humilité. En revanche, elle apporte son dessin de fils uniques, ses résultats monumentaux. La sculpture en bois permet un dialogue honnête si l’artiste le cherche. Dans ce cas, son effort est récompensé. C’est aussi l’attitude nécessitant concentration et justesse. Se débarrassant de tout ce qui est superflu, diminuant la masse et réduisant les dépôts- image du temps en quelque sorte, l’artiste est capable de détourner son cours. Il agit selon sa volonté et permet de venir au monde, à une forme que la nature avait oublié de créer, quoique potentiellement plausible.

             L’instinct du sculpteur y est très utile, autant que son invention. Chaque coup de marteau, chaque mouvement du ciseau écrivent l’histoire d’intentions et d’abandons. Derrière elle, se cachent l’irréversibilité des actes et l’impossibilité du retour à l’état précédent.

            Ensuite, ce sont les éléments en métal  qui apparaissent dans les oeuvres de l’artiste- comme applications, pinacles, combles. Voilà l’intrusion d’un autre monde opposant la froideur et la dureté à la nature du bois. Ce sont les attributs d’une force spirituelle qui, elle, sait creuser la matière sans se faire du mal, sans se lasser ni se déformer. Le bois a ses connotations matriarcales. Le dessin des fils c’est l’écriture de la vitalité de la nature- et c’est le réservoir pour le feu, selon certaines croyances persanes. L’acier -ou le fer- sont capables de le blesser, ou au pire, le détruire, mais aussi le renforcer  et le protéger en le couvrant d’un bouclier. Au début, ces accents sont à peine remarquables. Ensuite, ils prennent les proportions égales au bois. Quant à la forme, ils imitent les corps en bois, deviennent leurs rallongements –preuve d’adaptation d’une nouvelle espèce aux conditions du milieu, selon la loi d’évolution. Le tout balance à la limite de leurs équilibre et harmonie. Les points d’assemblage font l’impression d’être organiques. Leur visible dignité et majesté font penser aux totems archaïques des anciens cultes. Ils présentent avec dignité leur fermeté, et, par leurs positions extatiques, suggèrent une danse rituelle. Ils pourraient aussi, comme apotropaion, chasser des mauvais esprits.

            Ces applications en métal apparaissent selon un principe tout à fait à part: par l’addition et non par la réduction, par l’assemblage des éléments. Elles s’enorgueillissent de leur surface métallique, luisant à la lumière et de leurs bouts coupants redoutables, s’opposant à la base en bois, familiale, dont ils surgissent.

        Si on les touche, on constate qu’ils sont vides, donc leur air redoutable n’est qu’une illusion. Seraient-ils un reliquaire de contenance mystérieuse, spirituelle qui émane de l’intérieur du bois, après y avoir trouvé un refuge comme au sein d’une femme ? Ou seraient-ils une prison pour l’énergie vitale, éphémère, qui émane du tronc cosmique, source de toute existence provenant de la symbolique d’un arbre? Est-ce vrai? Nous ne le savons  pas et ne le saurons peut-être jamais. Le mystère reste un des éléments principaux de l’art. Sans doute, certaines attributions phalliques y sont visibles et complètent  les attributions féminines.

        Dans les oeuvres de la dernière période, c’est déjà le métal qui domine. Il est formé à la façon des patrons en couture où les parties sont assemblées  à l’aide des sutures -  soudures grumeleuses. Ces éléments font l’impression d’être des illustrations figuratives ou des  ornements de provenance extra-terrestre. Ils définissent et remplissent l’espace. Seraient –ils des visions ou des obsessions ? Leur caractère biologique et les surfaces métalliques créent l’illusion d’un mouvement organique. Ils veulent entrer dans le monde réel, y coller et y rester. Leur sensualité, leurs cocons opalescents et leurs plaies cicatrisées, créent une ambiance d’oppression maléfique. Même dans les paysages, certains fragments ressemblent au monde fantastique, proche de celui imaginé par H.R.Giger où habitent des êtres biomorphiques, symboles de la  sombre nature  de l’homme contemporain, éperdu dans des labyrinthes infinis, réels ou imaginaires.        
          Traduit par Dorota Pakulska










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Usidlony
The sculpture "Entrapped" 2006 r. / the wood, steel / - the assembly in interior of gallery New SPACE, Center of Arti of PATIO WSHE, Lodz
/ the picture to catalogue of exhibition of sculpture Zbigniew Dudek`s, the foto & the processing digital Krystyna Urbanowicz - Dudek /

Usidlony nr II
The sculpture "Entrapped" 2006 r. / the wood, steel / - the assembly in interior of gallery New SPACE, Center of Arti of PATIO WSHE, Lodz
/ the picture to catalogue of exhibition of sculpture Zbigniew Dudek`s, the foto & the processing digital Krystyna Urbanowicz - Dudek /

Laurence 2006
The sculpture "Laurence" 2006 r. / the wood, steel / - the assembly in interior of gallery New SPACE, Center of Arti of PATIO WSHE, Lodz
/ the picture to catalogue of exhibition of sculpture Zbigniew Dudek`s, the foto & the processing digital Krystyna Urbanowicz - Dudek /
Norwidian 2007
The sculpture "Norwidian" 2007 r. / the wood, steel / - the assembly in interior of gallery New SPACE, Center of Arti of PATIO WSHE, Lodz
/ the picture to catalogue of exhibition of sculpture Zbigniew Dudek`s, the foto & the processing digital Krystyna Urbanowicz - Dudek /
Rozk³adówka w katalogu
The schedule in catalogue of exhibition
/the foto & the processing digital Krystyna Urbanowicz - Dudek /
Go¶c z mojej szafy 2006
the fragment of sculpture "The guest from my wardrobe" 2006 r. - the steel, wood
/in gatherings Center of Sculpture of  Polish in Oronsko/

P³askorze¼ba "Przed¶wit" 2006
the fragment of sculpture "Before-dawn" 2006 r. - the steel, wood
/in gatherings Academy of Humanities and Economics in Lodz  
P³askorze¼ba "Przed¶wit" 2006
the fragment of sculpture "Before-dawn" 2006 r. - the steel, wood
/in gatherings Academy of Humanities and Economics in Lodz  
Pejza¿ 2004
the fragment of bas-relief  " The Landscap I" 2004 r. the steel, stainless steel, wood, organic glass
/work of art  awarded on XIV INTERNATIONAL BIENNIAL EXHIBITION of SCULPTURE 2004 r
"Space of intuition" - Poznan/
Pejza¿ 2004
the fragment of bas-relief  " The Landscap I" 2004 r. the steel, stainless steel, wood, organic glass
/work of art  awarded on XIV INTERNATIONAL BIENNIAL EXHIBITION of SCULPTURE 2004 r
"Space of intuition" - Poznan/
Pejza¿ 2004
the fragment of bas-relief  " The Landscap I" 2004 r. the steel, stainless steel, wood, organic glass
/work of art  awarded on XIV INTERNATIONAL BIENNIAL EXHIBITION of SCULPTURE 2004 r
"Space of intuition" - Poznan/
Pejzaz 2004




project graphic catalogue, picture & digital processing (+html) 
Krystyna Urbanowicz - Dudek

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